Santé publique : Un pharmacien Suisse propose une alternative naturelle à un médicament contre les refroidissements

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UN PHARMACIEN VAUDOIS FAIT TOUSSER NEOCITRAN

En fin d’article : Les dangers du paracétamol et des antidouleurs.

Alexandre Lo Russo a critiqué le fameux traitement sur les réseaux sociaux et propose une recette simple pour le remplacer. Cela n’a pas plu au distributeur.

Un spray nasal contre le rhume, un Dafalgan et une bonne orange. Voilà ce qui remplace avantageusement le répandu et coûteux NeoCitran, selon Alexandre Lo Russo, docteur en pharmacie indépendant à Prilly. Le 18 janvier, il poste sur Facebook une alternative au «leader incontesté du traitement des refroidissements hivernaux». Moins d’une semaine plus tard, c’est le buzz. Plus de 2800 partages et 250000 personnes atteintes.

Le pharmacien se dit stupéfait de la portée de sa publication mais l’explique par le fait que le NeoCitran est un véritable mythe hivernal en Suisse. A lire les commentaires, Alexandre Lo Russo constate qu’il y a des clans tranchés, pour ou contre le médicament de la multinationale britannique GlaxoSmithKline

(GSK).

Prilly, le 24 janvier 2019. Alexandre Lo Russo, pharmacien, a publié sur les réseaux sociaux sa recette simple pour remplacer le NeoCitran: un spray nasal contre le rhume, un Dafalgan et une orange.
Photo: Sébastien Anex

 

Une vision critique

Le docteur déclare «avoir voulu exprimer une vision critique du remède et mettre en évidence qu’il n’est pas le meilleur pour tous». Est incriminée en premier lieu sa teneur en sucres ajoutés: un sachet de NeoCitran en contient 20 grammes, soit 80% de la dose quotidienne recommandée par l’Organisation mondiale de la santé. Deuxièmement, le prix: un traitement quotidien au NeoCitran reviendrait à 4.50 Fr. contre 0.85 Fr. pour le spray nasal associé au paracétamol d’un Dafalgan. «C’est la publicité autour du médicament qui coûte cher» s’exclame le Prilléran. «Des remèdes comme le NeoCitran sont parfois mis en avant avec 10 ou 20% de rabais. Mais même avec cette réduction, ils demeurent souvent deux fois plus onéreux que les autres».

Approchée, la coopérative professionnelle des pharmaciens suisses (OFAC) ne prend pas position sur la publication. Moins frileuse, l’association PharmaSuisse s’exprime au travers de son secrétaire général Marcel Mesnil: «Le pharmacien qui donne une opinion sur Facebook est tout à fait habilité à le faire. Son point de vue critique sur la préparation NeoCitran, un médicament qui contient plusieurs principes actifs forts dans une forme aux apparences banales d’un thé citron, est son affaire personnelle. Rendre attentif le public que les médicaments, même anodins en apparence, ne doivent pas être pris sans réfléchir, est une bonne prévention.»

La santé du client

La prise de position d’Alexandre Lo Russo et son ampleur n’ont évidemment pas plu à GSK. Le géant de l’industrie pharmaceutique n’a pas tardé à réagir en envoyant ses agents à Prilly le 24 janvier. «Ils voulaient comprendre pourquoi j’avais fait ça. Pour la pharma, le rôle du pharmacien est souvent cantonné à celui d’un distributeur. Mais ce n’est pas ça! Je leur ai expliqué ma philosophie en leur signifiant que mon souci premier était la santé du client».

Pas pris en grippe

GSK confirme avoir eu une «discussion amicale» avec Alexandre Lo Russo. Confrontée aux critiques du pharmacien, la firme se contente de vanter les mérites de son produit. «NeoCitran est un médicament populaire et éprouvé contre les symptômes de la grippe et du rhume, disponible sur le marché suisse depuis plus de 30 ans», aux dires de Martina Gernet, haute cheffe de communication. Concernant le sucre, elle ajoute «qu’il recouvre le goût amer des ingrédients actifs de la préparation».

Une communication succincte qui pourrait cacher un malaise. Selon Alexandre Lo Russo, un des distributeurs de la multinationale lui a directement demandé s’il se rendait compte de ce que pourrait impliquer son post sur Facebook au niveau légal. Une intimidation? Du côté de GSK, on s’abstient de tout commentaire «en se réjouissant de la poursuite d’une bonne relation commerciale».

Le pharmacien ne serait donc pas pris en grippe par l’entreprise. Alexandre Lo Russo comprend en tout cas que GSK cherche à tasser l’affaire. En attendant, sa recette continue à être partagée de par le monde.

Source et crédit vidéo

“Si le paracétamol passait aujourd’hui devant une commission d’autorisation de mise sur le marché, étant donné son profil et les risques liés à sa consommation, il ne serait probablement pas autorisé.”

Le marché des antidouleurs est en plein boom, mais ces médicaments suscitent de plus en plus d’inquiétudes. La consommation de paracétamol a augmenté de +53% entre 2005 et 2016 en France.

Le surdosage inquiète :

Les ventes de cachets en dosage de 1 gramme  ont cru de +140% or, la dose recommandée est de 3 grammes par jour et 1 gramme maximum en une prise. Seulement 14% des patients connaissent le risque de toxicité du paracétamol sur le foie, une toxicité accrue par la consommation d’alcool.

Quant à l’ibuprofène :

Entre 2005 et 2016, la consommation de codéine en France a augmenté de +42% et le tramadol de +62% ! Or, en plus d’effets secondaires indésirables, leur usage prolongé crée la dépendance. Leur détournement pour un usage récréatif a également provoqué des intoxications et des décès.

Enfin, pour le palier de douleur supérieur, il y a les morfiniques forts :

Ces 10 dernières années, la consommation d’oxycodone et de fentanyl transmuqueux a augmenté de +613% et de +263% en France. Les hospitalisations pour overdose d’opioïdes a augmenté de 128% entre 2000 et 2015, et les décès de 161%

La douleur est un marché !

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