Olivier Delamarche : L’argent de la drogue ajouté au PIB de la France

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L’Institut national des statistiques accède à la demande d’Eurostat et intègre le trafic de stupéfiants dans le calcul de son produit intérieur brut (PIB), à partir de mai. Un changement qui pourrait entraîner une révision à la hausse de la croissance française.

Après des années d’hésitation, la France a partiellement cédé à Eurostat. Depuis 2013, l’institut européen des statistiques demande aux pays du Vieux continent de comptabiliser le trafic de drogue et de la prostitution dans le calcul de leur produit intérieur brut (PIB).

À partir du mois de mai prochain, l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) va «tenir compte de la consommation de stupéfiants et des activités liées à cette consommation sur le territoire national», a-t-il annoncé dans un communiqué. Cette prise en compte est destinée à aligner les statistiques françaises sur celles «des autres pays européens» et cela entraînera «une révision en très légère hausse du niveau du PIB», ajoute l’Insee. «Il s’agira de révisions à la marge», a précisé à l’AFP le chef du département des comptes nationaux de l’institut, Ronan Mahieu, en évoquant le chiffre de «quelques milliards» d’euros, à rapporter aux 2.200 milliards d’euros du PIB français. «Ca n’influera pas sur le chiffre de la croissance» en 2017, a-t-il par ailleurs prévenu.

Toutefois, sur ce point, les analyses varient en raison de la difficulté à calculer les activités liées au trafic de stupéfiants, par définition illégale. En 2013, l’Institut économique Molinari chiffrait à 219,2 milliards d’euros le marché souterrain de la drogue, soit… 10,8% du PIB.

Coup de gueule de l’économiste bien connu Olivier Delamarche :

“On pense à chaque fois qu’on a touché le fond eh bien non ; à chaque fois qu’on arrive au fond, on creuse. Ce n’est pas une surprise pour les économistes puisque quelques pays en Europe le font. Toutefois, lorsque on en est réduit à ça, c’est que vraiment ça va mal.

On se fout de vous parce que pour justifier la politique économique qui est mise en place il faut que l’on puisse augmenter les impôts, il faut que l’on puisse augmenter la dette et pour ça, il faut que l’on puisse augmenter le PIB. Or, on assiste là à quelque chose qui n’a rien à voir avec quelque chose de normal, on intègre au PIB l’argent de la drogue.

Cela va sûrement créer des emplois puisque l’on va devoir engager des fonctionnaires qui vont déterminer ce qu’ils attribuent dans le nouveau calcul du PIB approximativement. Vous verrez que bientôt on va assister à une autre méthode de calcul, un autre pan de l’économie qui sera intégré dans le PIB qui est la prostitution ; ce qui est déjà fait en Espagne, en Italie et au Royaume-Uni.  On va sûrement engager des fonctionnaires qui calculeront ça au doigt mouillé. Quand on en est réduit à ça, on est en droit de se poser la question de savoir quelle sera la prochaine étape.

On essaye de vous vendre une croissance économique retrouvée bien entendu grâce à notre président et à son gouvernement qui s’active pour nous rendre tous heureux.”

Ce coup de gueule d’olivier Delamarche est important. Ce changement est beaucoup moins anecdotique qu’il n’en a l’air. Il s’inscrit dans une démarche de long terme que nous avons entrepris de débusquer.

Pour vous donner une idée, le Royaume-Uni comptabilise déjà le trafique de drogue dans son PIB. Il est estimé à 13.5 milliards d’Euros. Alors bien sûr, vous dit l’ISSEE, ce n’est rien à côté du PIB de la France qui s’élève à 2’200 milliards sauf que 13,5 milliards représentent 0,6% du PIB en plus, à comparé à 1,9% de croissance pour 2017, c’est énorme !

Dans ce pays ou chaque 10ème de croissance est accueilli comme une victoire écrasante sur la crise, cela fait même toute la différence. Et c’est d’autant plus important que le trafic de drogue explose en Europe en ce moment. La chute de la Libye a en créé une nouvelle route de la drogue.

Ce n’est pas le seul effet néfaste de cette mesure scélérate :

  • Elle va permettre à l’état de s’endetter encore un peu plus alors  qu’elle ne va créer aucune rentrée fiscale.
  • Elle va créer un conflit d’intérêt sournois auprès de la puissance publique : Faut-il vraiment luter contre ce fléau alors qu’il contribue à la croissance ?
  • Ce faux effet de richesse va aussi être utilisé par votre banquier pour vous vendre des produits financiers risqués : Regardez, la croissance est là, il faut que vous en profitiez également vous dira-t-il !
  • Enfin, elle va même permettre à l’État d’augmenter vos impôts en catimini : Eh bien oui, l’État vient de baisser son emprise sur le PIB du pays en augmentant ce dernier artificiellement, nulle doute qu’il comblera ce trou.

La réalité de votre quotidien est bien réelle. Les niveaux de vie se dégradent depuis 20 ans et tous les froufrous statistiques n’y peuvent rien changer. L’État protecteur c’est changé en État prédateur.

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