L’image du jour : Un enfumage appliqué

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Désormais, avant de remplir le Caddie, de plus en plus de Français scannent les étiquettes avec leur smartphone pour connaitre la qualité nutritionnelle des produits en rayons.

En deux ans à peine, des applis comme Yuka, Open Food Facts, ya quoi dedans ou Scan Eat sont devenues des accessoires indispensables pour faire les courses (…) et le cauchemar des industriels de l’agroalimentaire.

À quoi sert de dépenser chaque année 1,7 milliards d’euros pour faire la promo des plats préparés et autres boissons sucrées si des applis permettent en un clic de savoir que telle marque de poisson cuisiné ou de céréales pour enfants est une cochonnerie pour la santé ?

Ni une ni deux, l’Ania, l’association Nationale des industries alimentaires, vient de lancer sa propre base de données, ouverte aux applications mobiles. “Une source fiable et exhaustive pour guider les consommateurs dans leurs choix” dixit sont président.

Num-Alim, c’est son nom, sera alimentée par 17’000 adhérents de l’Ania parmi lesquels on retrouve, pêle-mêle, Coca-cola, Ferrero, Mars, Heineken, les fabricants de sucre, les entreprises de surgelés, les syndicats des apéritifs à croquer ou encore celui des mélanges technologiques pour l’industrie alimentaire.

Pour ce projet “prioritaire et stratégique”, l’Ania c’est associée à la fondation du groupe Avril, premier producteur d’huiles végétales et de bio carburants. Autre partenaire de choc, le Fonds Français pour l’alimentation et la santé, qui est en fait le bras armé de l’agroalimentaire en matière de lobbying scientifique.

Ce faux nez qui ne goûte pas la transparence est financé par Haribo, PepsiCo, Mondelez, Bel, Fleury Michon ou Kellogg’s. Le plus piquant c’est que la moitié des 6,2 millions d’euros que coûtera Num-Alim sera payée par le contribuable. Parmi les informations récoltées par le palmipède, ces 3 millions d’argent public, versés dans le cadre d’un contrat stratégique de filière, devraient être validés cette semaine par le Secrétariat général pour l’investissement, qui dépend de Matignon.

Pour reprendre la main grâce à Num-Alim, l’agroalimentaire imagine déjà des applis “intelligentes” qui selon la composition du Caddie et des goûts détectés du consommateur, lui suggéreront telle recette nécessitant l’achat d’un ou deux produits supplémentaires. Un avenir qui fait saliver.

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