L’image du jour : Genève autre fois

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L’image du jour : Genève autre fois

PLACE DE CORNAVIN:
Se rapporte peut-être aux vignes épiscopales

– Description:
Le terme très ancien, qui a précédé de plusieurs siècles la rue de ce nom, se rapporte peut-être aux vignes épiscopales qui couvraient encore, au commencement du XVe siècle, tout l’emplacement situé entre ladite rue et le lac.

– Définition de l’arrêté du conseil d’etat:
Secteur 002 : 16. Place de Cornavin – Rue de Chantepoulet / Rue des Alpes

Ancien forum romain, situé hors les murs de la cité, centre des foires au XIIIème siècle, le Bourg-de-Four occupe une dénivellation entre le plateau des Tranchées et le sommet de la colline. C’est là que convergeaient les sentiers, puis les routes romaines de la rive gauche du lac et de la vallée de l’Arve.
C’est au Bourg-de-Four que s’élevait le château de Gondebaud, roi des Brugondes, mort en 516.
Plusieurs étymologies sont en présence pour la définition de ce nom. Une des étymologies, Borg de Feur, c’est a dire bourg en dehors, pourrait être accréditée si le mot latin Burgumforis n’était pas la version, en basse latinité des XVe et XVIe siècle, du nom français ou patois du quartier.

– DÉFINITION DE L’ARRÊTÉ DU CONSEIL D’ETAT :
Secteur 001 : 19. Place du Bourg-de-Four -Rue Verdaine / Rue de Saint-Léger

Dénommés de la sorte à cause de la vue splendide

– DESCRIPTION:
Dénommés de la sorte à cause de la vue splendide qu’on a sur toute la chaine du Mont-Blanc. Le passage est un tunnel qui prolonge la rue des Alpes, en passant sous la gare de Cornavin, de la rue de Lausanne à la rue de Montbrillant.

– DÉFINITION DE L’ARRÊTÉ DU CONSEIL D’ETAT:
Secteur 004 : 1. Place des Alpes – Rue des Pâquis / Rue des Alpes

Je vous souhaite un bon appétit depuis la Rue du Mont-Blanc et le Café de la Poste.

BOULEVARD JAMES-FAZY:
En l’honneur de James-Fazy, homme politique genevois et fondateur du parti radical genevois

– DESCRIPTION:
D’une famille originaire du Dauphiné reçue à la bourgeoisie en 1735, James Fazy naquit en 1794 à Genève. Il fut envoyé à Paris pour y faire un apprentissage de commerce mais il se tourna vers les lettres, le droit et le journalisme. Il se mêla au mouvement d’opposition libérale. Il s’occupa alors de questions économiques et publia en 1818 un écrit sur la Banque de France, écrit qui ne fut pas du tout du goût de celle-ci, puisqu’elle acheta l’édition complète pour la faire disparaitre.


De retour à Genève, il fonda en 1826 le “Journal de Genève” qui devint plus tard son adversaire acharné et entama une vaine campagne pour faire modifier les institutions publiques, campagne qui échoua. Reparti en France en 1827, il se lança dans le journalisme d’opposition et participa à la Révolution de 1830. A Paris, il est l’un des fondateurs du journal d’opposition libérale, qui va être supprimé par la censure, “La France chrétienne”. Lors de la révolution de 1830, il rédigea avec Thiers des ordonnances sur la liberté de la presse. Nommé préfet de l’Isère, il refusa, et dans son journal attaqua la chambre des députés à qui il conteste le droit de nommer un roi. Après s’être brouillé avec le nouveau gouvernement et avoir perdu un gros procès de presse, il revint à Genève en 1833 et fonda un nouveau journal “L’Europe centrale”, suivi en 1842 de la “Revue de Genève”.


Élu la même année à la Constituante, il commence une carrière politique féconde qui durera jusqu’à sa mort. Chef radicaux, il est le grand meneur de la révolution de 1846 qui renverse le gouvernement, dont il prend la place. Il est l’inspirateur de la Constitution de 1847, très libérale, qui introduit le suffrage universel et tous les droits politiques modernes. Député au Grand Conseil et chef du gouvernement pendant de nombreuses années, James Fazy est le créateur de la Genève moderne qui pourra se développer grâce à la démolition des fortifications qui débuta en 1849.


James Fazy est le fondateur de l’hôpital cantonal, de l’asile des vieillards, de la Banque de Genève, de l’Institut national genevois, etc. Sans parler de la construction des lignes de chemin de fer sur Lyon, Lausanne et le Valais. A la fin de sa vie, il devint encore professeur à l’université et conseiller aux États. Il meurt au Petit-Saconnex le 6 novembre 1878 dans un état voisin de la misère.

– DEFINITION DE L’ARRETE DU CONSEIL D’ETAT:
Secteur 002 : 21. Boulevard James-FAZY (1794-1878, homme politique genevois) Pont de la Coulouvrenière / Place de Cornavin.

HISTOIRE DE GENÈVE : “1891 Les Genevois traversent la rade gelée
Cinq imprudents tombent à l’eau et une étudiante meurt noyée.

Les premiers mois de 1891 fournissent aux Genevois matière à s’extasier. Avant le retour de la bise en février, propice aux photographes (déjà!), la «congélation du lac», comme on dit à l’époque, permet aux plus hardis de traverser la rade à pied. Cet événement extraordinaire a lieu le 18 janvier. C’est un dimanche et les Genevois sont nombreux, dès le matin, à se retrouver sur les quais des deux rives.

Grâce à une température de – 14 degrés et à une forte bise, les berges sont recouvertes d’une épaisse couche glissante et la surface de l’eau semble avoir durci pendant la nuit. Sur le quai des Eaux-Vives, personne n’ose s’aventurer sur la glace avant qu’un jeune homme donne l’exemple à ses risques et périls. Il semblerait que cet audacieux garçon était Edmond Turrettini, alors âgé de 16 ans, qui deviendra conseiller d’Etat en 1926, et présidera le Département de justice et police. A ce titre, c’est lui qui ordonnera l’interdiction de marcher sur la rade partiellement gelée pendant l’hiver 1929, 38 ans après son exploit de 1891!

A la suite du jeune Turrettini, les curieux s’engagent sur les flots figés et traversent jusqu’aux Pâquis. Au loin, devant eux, se dresse la masse encore neuve du Kursaal, devenu plus tard la Grand Casino. «Ce fut, des heures durant, une file ininterrompue de piétons traversant d’une rive à l’autre», rapporte un témoin dans l’”Almanach du Vieux Genève”. Certains promeneurs voient le sol se dérober sous leurs pieds. Quatre personnes «prennent béchet» du côté du Jardin Anglais. Cette expression figure dans le Glossaire genevois. Elle signifie tomber dans l’eau à travers la glace. «Béchet» veut dire «brochet», un poisson familier des plans d’eau sur lesquels les Genevois patinaient en hiver. Nos quatre infortunés promeneurs ayant pris béchet sont prestement repêchés et réconfortés.

Alors que la police a déjà interdit la fréquentation des lieux, un cinquième homme se met à courir sur la rade gelée qui cède sous son poids. Lui aussi en sort indemne. Une étudiante de l’Ecole dentaire n’a pas cette chance. On la retrouve sans vie. Le grand froid dure jusqu’au 22 janvier 1891, puis reprend en février. Cette fois-ci, le lac gèle à Territet, dans le golfe de Clarens, entre Chillon et Montreux, de Montreux au Bouveret, devant Morges. A Genève, c’est la première fois qu’il fait si froid depuis 1859, où la température était descendue à – 23,3 degrés, mais sans congélation du lac.

Il faut remonter à 1854, le 15 février, pour trouver la rade gelée. Même phénomène en 1830, 1814 et 1810, favorisé par la bise et la présence des chaînes qui ferment alors le port. Poussée par le vent du nord glacial, l’eau de surface se transforme en glaçons, qui s’agglutinent devant les chaînes, amorçant ainsi la formation d’une couche de glace qui s’étend de plus en plus.

En 1891, il n’y a plus de chaînes mais des «chabaurys», comme on appelle certains bâtis provisoires en Suisse romande. Le 13 janvier, le “Journal de Genève” explique que «Le service des eaux a fait barrer les arches du pont du Mont-Blanc au moyen de chabaurys lestés avec des barres de fer afin d’arrêter les glaçons et d’éviter ainsi des accidents au bâtiment des turbines. Les glaçons arrêtés par ces barrières se sont congelés et tout le pont, sauf une travée, est barré par une large ceinture de glace.»

Du 13 au 18 janvier, la surface gelée s’étend et se durcit. Cette congélation est si exceptionnelle qu’une médaille commémorative est gravée par Hugues Bovy. On y voit les gens marchant sur la glace, encadrés par le pont dit du goléron des Eaux-Vives. (TDG).

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