Didier Marouani : «Nous sommes restés dans les bureaux de la police jusqu’à 4 heures du matin»

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Didier Marouani, à Moscou, le 30 novembre. Photo Vasily Maximov. AFP

Suite à l’imbroglio moscovite de la semaine passée, le chanteur Didier Marouani, de retour à Paris, livre sa version des faits sur les négociations dans l’affaire de plagiat qui l’oppose à la star de la pop russe Philipp Kirkorov.

Nous apprenions mercredi 30 novembre que Didier Marouani, fondateur du groupe Space, était retenu par la police à Moscou suite à un conflit pour plagiat qui l’oppose au chanteur russe d’origine bulgare Philipp Kirkorov. Didier Marouani est célèbre en Russie puisqu’il y a donné de nombreux concerts depuis les années 80, sa musique ayant même illustré les images spatiales diffusées à la télévision. Une affaire dont il était difficile de démêler le vrai du faux. La semaine dernière, alors que le chanteur était retenu par la police russe, l’avocat de Philipp Kirkorov invoquait l’intervention des «pranksters» – des blagueurs russes adeptes des canulars téléphoniques et internet – dans les négociations via les médias russes pour expliquer l’échec de la négociation et l’intervention de la police. De retour à Paris, Didier Marouani nous a donné sa version des faits : il affirme être tombé dans un guet-apens, où la négociation à l’amiable a été visiblement compromise.

Vous avez attaqué Kirkorov pour plagiat. Qui a mené les expertises en vue du procès ?

Mes avocats ont déposé une plainte auprès du tribunal de Moscou le 1er novembre 2016 pour plagiat de ma chanson A Symphonic Space Dream à l’encontre d’Oleg Popkov, compositeur et auteur de la chanson Cruel Love, produite par Philipp Kirkorov Productions, de Philipp Kirkorov qui a interprété la chanson, et de Sony Entertainment qui a distribué le disque en Russie et CIS.

Les expertises musicales ont été effectuées par un expert français, agréé auprès des tribunaux français, traduites en russe et apostillées par notaire, et par un expert musical russe à Moscou. Les deux rapports d’expertises ont conclu à un plagiat, pour la partie française qui s’est occupée plus particulièrement du refrain de la chanson et qui a conclu que 71% de notes communes se retrouvaient dans la chanson russe et la partie russe qui a conclu à 41% de mêmes notes dans l’intégralité de la chanson. Le procès n’a pas encore eu lieu et seule la plainte a été déposée.

Pourquoi vous êtes-vous rendu à Moscou ?

Après avoir échangé personnellement avec Philipp Kirkorov plus de 68 mails, il m’a fait deux propositions financières ; la première était d’un million de roubles [14 750 euros], la seconde, quatre jours plus tard, d’un million d’euros, que nous avons accepté. Kirkorov et ses conseillers ont accepté de signer lors de mon arrivée à Moscou un protocole d’accord mentionnant la somme, le retrait de la plainte au tribunal, la confidentialité, l’arrêt de la communication aux médias et réseaux sociaux. A la banque de Kirkorov, où nous avions rendez-vous, je demande à signer le protocole d’accord quand Kirkorov et son avocat sortent deux grosses liasses de billets ; 45 secondes plus tard, 60 policiers font irruption dans la banque, nous demandent de ne plus parler, de poser nos téléphones et saisissent passeports, dossiers, téléphones, clés USB, etc.

Nous avons été conduits dans les bureaux de la police, sirènes hurlantes, ou nous sommes restés jusqu’à 4 heures du matin pour répondre à des questions ; on m’a rendu mon passeport et autorisé à rentrer à l’hôtel en nous demandant si j’acceptais de revenir le lendemain pour répondre aux questions. Ce que j’ai fait.

Comment envisagez-vous la suite ?

Deux plaintes ont été déposées par mes avocats en Russie, l’une au ministre des Affaires intérieures, avec ouverture du dossier judiciaire pour dénonciation calomnieuse, et l’autre auprès du procureur général de Russie. Concernant la plainte pour plagiat, nous allons prendre une décision prochainement pour voir si nous allons poursuivre cette plainte en Russie ou aux Etats-Unis.

Clémentine Mercier

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>>>Voir aussi toute l’actualité de Didier sur son blog<<<

 

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