Culture & Cinéma : Mylene Farmer

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Culture & Cinéma : Mylene Farmer

Trois clips à l’honneur dans ce billet : “Désenchantée”, “Regrets” et “Les mots”

Désenchantée :

Une gardienne revêche traîne Mylène Farmer, cheveux courts et casquette sur la tête, dans un camp de travail. La jeune femme est accueillie par ses congénères avec des jets de pierres et de boules de neige, avant que ceux-ci ne prennent la fuite. Parmi eux, un petit garçon (Adil Med Mejrhirrou) vole la casquette de la jeune femme et lui donne un coup de pied. Deux gardes viennent la relever et l’emmènent dans un dortoir peuplé de rats.

Mylène y retrouve le petit garçon, qui partage une cigarette avec elle. La scène suivante nous montre tous ces captifs au travail, sous le contrôle des gardes, en train de transporter des sacs qui semblent bien lourds… Si lourds que le petit perd l’équilibre et tombe au sol. Un garde vient le relever et l’emmène avec lui. Au moment du repas, Mylène croise son regard : il a un œil tuméfié par les coups. La soupe servie est plutôt misérable : Mylène y trouve un cafard, qu’elle contemple d’un air dégoûté, avant que son voisin ne lui prenne et l’engloutisse. Révoltée, elle se lève et rend sa gamelle à la gardienne.

Sous le regard ravi de la matonne (Erika Francz Jánofné), la gardienne lui décoche un grand coup au visage. Mylène fait alors demi-tour et monte sur les tables, envoyant valser les lampes et retirant le bois qui cloisonne les fenêtres. Peu à peu, les autres prisonniers la suivent et se mettent à se révolter. Mylène frappe la gardienne, tandis que tous les captifs saccagent les lieux et s’échappent.

Les gardes tentent d’intervenir, mais se font tabasser et même fusiller, notamment par des enfants. Les révoltés arrivent devant une grande étendue de neige, courent, courent… Puis s’arrêtent. Devant eux, la neige s’étend à perte de vue. Ils choisissent de poursuivre leur marche vers cette liberté tant désirée mais qui semble à présent rimer avec la mort.

Le clip a été réalisé par Laurent Boutonnat et tourné à Budapest, dans une usine désaffectée (aujourd’hui détruite) et dans la plaine Apaj Puszta, du 18 au 23 février 1991.

Cent dix-neuf figurants ont été employés, dont des enfants venant d’instituts pour handicapés et de foyers de réinsertion : On voulait beaucoup de figurants et on voulait surtout des enfants qui portent quelque chose de grave dans le visage, dans le regard.. Une grande partie de l’équipe technique est hongroise, seules douze personnes venant de France.

Regrets :

Réalisé par Laurent Boutonnat en noir et blanc, le clip, d’une durée de 6 minutes, a été filmé à Budapest en février 1991 dans un cimetière abandonné (le cimetière juif de Salgótarjáni út2), en même temps que celui de Désenchantée, avec un budget de 35 000 €. Il a été diffusé à la télévision pour la 1re fois le  sur TF1 dans l’émission Stars 90.

Au début du clip, un tram s’arrête devant l’entrée d’un cimetière enneigé. Jean-Louis Murat sort du tram et entre dans le cimetière. Il passe devant une biche et s’arrête devant une tombe. Lorsqu’il s’assied, le fantôme de Mylène Farmer arrive derrière lui et lui cache les yeux. Il la prend par la main, puis ils courent, rient et se blottissent l’un contre l’autre. Après s’être réfugiés sur une pierre tombale, elle s’efface alors définitivement. Jean-Louis Murat reprend le tram et part.

D’après une analyse effectuée par le magazine Instant-Mag, le clip est la métaphore d’un amour passé et regretté. Avec ce clip, Mylène Farmer a atteint la quintessence de l’élégante tristesse que comporte son travail. Le train représenterait la transition entre ces deux mondes, la biche serait le symbole de la féminité et le bouquet de chardons évoquerait le désir d’amour inconditionnel avec l’autre. Quant à la neige, elle participerait à l’atmosphère morose de la vidéo et symboliserait un masque doux mais mortel qui isole les deux univers. Tout ce qui représente la réalité a été filmé à vitesse normale, tandis que tout ce qui décrit le rêve, l’espoir ou le regret, a été filmé au ralenti.

Les mots :

Le clip marque le retour derrière la caméra de Laurent Boutonnat. Cette vidéo fait référence entre autres au tableau Le Radeau de la Méduse de Géricault et à Othello de William Shakespeare.

Dans le clip de la chanson, les chanteurs ont l’air d’être ensemble sur un radeau en perdition. En réalité, Mylène Farmer et Seal ont tourné leurs séquences séparément, le chanteur ayant peur de prendre l’avion suite aux attentats du .

Mise en ligne : Stéphane Guibert / Finalscape

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