Syrie et Pierre le Corf : Le miroir de l’histoire

Pendant ce temps, obus et roquettes terroristes sur l’Ouest de la ville. Si certains quartiers sont hors de portée de tir, ça n’empêche pas les gens d’être blessés et tués au quotidien par les mêmes terroristes qui avant étaient dans le centre d’Alep et qui sont maintenant simplement à 2 ou 3 Km plus loin qu’avant, en périphérie.

La vie continue, tout reprend, souvent on fait semblant que tout va bien et que c’est terminé, mais non. Oui la vie reprend, oui les choses reprennent leur place, oui la paix semble de plus en plus proche … mais c’est là, à 10 minutes de voiture, ça plane. Je ne l’écris plus puisque c’est tout simplement tous les jours … je l’écris maintenant simplement avec le besoin de le partager.

Des gens que j’aime sont dans ces quartiers tout de suite et j’attends qu’ils reviennent, parfois j’y suis, je ne peux pas m’empêcher d’avoir cette boule au ventre. C’est difficile à expliquer, ça fait remonter beaucoup de choses d’avant.

Pierre le Corf / G.S / FINALSCAPE

Syrie & Pierre le Corf : Témoignage

Les mois passent et je me rend compte que le travail souterrain de tous ces vautours qui étaient prêts à nous laisser crever ici à Alep est loin d’être achevé. Je me suis éloigné de tout ça parce que je passe mes journées à me couper en 4 pour essayer d’aider ici et je dois avouer que mon énergie est finalement très rapidement consommée … mais ils sont en train de réécrire l’histoire, tous ces pseudos-journalistes activistes qui n’ont jamais mis un pied ici, qui ne connaissent pas l’odeur du soufre et le gout du sang, qui ne font rien pour aider concrètement sur le terrain mais qui pianotent pianotent et influencent le monde par leur ignorance aux airs saints baignés d’opportunisme.

Ils prétendent défendre la cause Syrienne? Ils sont là avec leur couteau à continuellement l’enfoncer dans cette plaie béante ouverte depuis plusieurs années et ils s’acharnent de plus belle maintenant qu’ils voient cette même plaie cicatriser, le vent tourner. Plus le temps passe plus je me rend compte que j’ai été bouffé par tout ça, je n’arrive plus à écrire, à penser, à partager comme je pouvais le faire pendant la bataille. Tous les jours des centaines de mortiers, de balles explosives, de roquettes … la peur, le doute, les cauchemars, les gens morts, la peur d’en perdre, la colère, l’impuissance … et tant de gens qui tiraient les ficelles à distance. Rebelles, casques blancs, … putain si n’importe qui avait pu vivre une semaine ici et simplement survivre, discuter avec les gens, essayer de comprendre les 1001 détails qui permettent de comprendre une seule photo d’un côté ou de l’autre … comprends à quel point les images ont été manipulées, édulcorées, à quel point tous les pseudos-activistes sur le terrain travaillaient pour des agences internationales qui les utilisaient.

Les gens n’ont pas idée de ce que les gens ont vécu ici, des mensonges … autant maintenant la plupart des Syriens qui vivent en Syrie préfèrent faire comme si de rien n’était et presque comme si rien ne s’était passé car tout le monde veut tourner la page, trop vite parce que la menace occidentale est toujours réelle, trop vite parce que les terroristes sont toujours à l’entrée de mal ville et même si l’armée semble vouloir avancer ils nous bombardent toujours, trop vite parce qu’il y a tellement de familles qui vivent en plein milieu des conséquences de la guerre (déplacement, réfugiés, lignes de front, pauvreté, …) trop vite parce que tout ce qui s’est passé à rongé les gens dans leurs mécanismes émotionnels les plus intimes et profonds comme de l’acide … et encore rien n’est arrivé à Idlib. Les gens en ont marre, tout le monde en a marre mais on ne laissera pas ces puants effacer ce que les gens ont vécu et la double réalité de cette guerre. Je vais essayer de publier ou republier tout ce que j’ai tant que c’est encore tiède, essayer de redonner un petit peu de sens à tout ça car ce qui est arrivé à Alep va arriver à Idlib, probablement en pire. Voyons ce qui va arriver.

Pierre le Corf

The months are passing and I realize that the underground work of all these vultures who were ready to let us die here in Aleppo is far from being completed. I got away from all of that because I am spending my days cutting myself into 4 to try to help here and I must admit that my energy is finally very quickly consumed … but they are rewriting the story, all these pseudo-journalists activists who have never set foot here, who do not know the smell of sulfur and the taste of blood, who do nothing to help concretely in the field but who strumming on their keyboards and influencing the world by their ignorance with holy airs bathed in opportunism.

They claim to defend the Syrian cause? They are there with their knife to continually push it into this gaping open wound from nearly 8 years and they are striving more and more now that they see this same wound is finally healing, the wind is turning. The more time passes, the more I realize that I have been eaten up by all this, I can not write, think, share as I could do during the battle. Everyday, hundreds of mortars, explosive bullets, rockets … fear, doubt, nightmares, dead people, fear of losing them, anger, helplessness … and so many people pulling the strings remote. Rebels, white helmets, … damn if anyone could have lived a week here and just survive, chat with people, try to understand the 1001 details that can determine a single picture from one side or the other … understand how the images were manipulated, watered down, how much all the pseudo-activists on the ground worked for international agencies that used them.

People have no idea what people have lived here, so many lies … so now most Syrians living in Syria prefer to act as if nothing had happened and almost as if nothing had happened because everybody wants to turn the page, too fast because the Western threat is still real, too fast because the terrorists are always at the entrance of the city and even if the army seems to want to advance they always bombard us, too quickly because that there are so many families living in the midst of the consequences of the war (displacement, refugees, front lines, poverty, …) too fast because everything that has happened gnawed people in their emotional mechanisms the most intimate and deep as acid … and nothing else happened to Idlib. People are fed up, everyone is fed up, but we will not let these stinkers erase what people have experienced and the double reality of this war. I will try to publish or republish all that I have as it is still lukewarm, try to give a little sense to all this because what happened in Aleppo will happen to Idlib, probably worse. We will see.

Pierre le Corf

Syrie & Pierre le Corf : Un témoignage poignant, un miroir de l’histoire

A l’école avec quelques-uns de mes 9ème. J’aime profondément ces gamins, tous ceux que j’ai autour de moi. Par rapport à leur perception de leurs vies, tant il y a la guerre tant il y a un déni profond à propos de leur futur. Ils préfèrent fermer les yeux et ils sont encouragés à leur faire, simplement oublier. Ils ne pourront jamais oublier ce qui se passe ni ce qui est arrivé, ils ne pourront pas échapper aux discussions de leurs parents sur la situation actuelle du pays, ni échapper aux doutes de leurs grands frères et grandes soeurs qui ont un trop-plein et qui ont du mal à croire en demain ou même en aujourd’hui … beaucoup partent, non sans aimer leur pays … mais en espérant tourner une page sur tout ce qu’ils ont vécu et se sentir à nouveau capables de réaliser leurs rêves, repartir à 0. Au milieu de tout ça, malgré la guerre et même pendant le pire de la guerre, la société reprenait le dessus, privilégiant l’éducation normalisée sans s’adapter à toutes ces failles béantes.

L’éducation dans beaucoup de pays du monde vit encore son âge de pierre, on continue de faire croire aux gamins que c’est le « par coeur » et les « bonnes notes » qui font un avenir ou une identité, on leur apprend comment gagner leur vie mais pas comment la réaliser, on leur apprend des formules chimiques mais on ne leur apprend pas à comprendre leurs sentiments. Ils ne sont pas préparés à vivre et être forts pour affronter leurs vies individuelles et l’après-guerre. Je sais qu’ils vont s’en sortir quoi qu’il arrive mais ça me brise le coeur parfois.

Je fais de mon mieux pour essayer de les accompagner en dehors des sentiers battus, à voyager plus à l’intérieur d’eux-mêmes et à se préparer dès maintenant en affrontant ce qu’ils ont à l’intérieur, ce qu’ils ont vécu et ce qui les attend dans le futur … mais c’est parfois tellement dur, ils n’y sont pas préparés, peu veulent vraiment s’y investir … et plus le temps passe, plus la situation évolue, plus le déni devient de plus en plus confortable ce sans compter la peur d’avoir l’air différents ou faible. Parfois je suis émotionnellement épuisé entre ça et mes activités, il s’agit de bouger des lignes tellement profondes que parfois c’est comme essayer de bouger des montagnes … mais c’est tellement important, pour maintenant et surtout pour demain. On s’accroche.

Pierre le Corf

Slideshow : En Syrie, il n’y a pas que la guerre, il y a aussi la vie !

G.S

At school with my some of my 9th. I deeply love these kids, all of them. About their perception of their lives, there is war but also this deep denial about their future. They prefer to close their eyes and they are encouraged to do it, to forget about it. They will never forget what is happening or what has happened, they will not be able to escape their parents’ discussions about the current situation of the country, nor escape the doubts of their older brothers and sisters who have had too much and who have a hard time believing in tomorrow or even in today … many left, not without loving their country … but hoping to turn a page on all that they lived and to feel again able to realize their dreams, start again at 0. In the midst of all this, despite the war and even during the worst of the war, society was gaining the upper hand, favoring standardized education without adapting to all these human gap.

Education in many countries of the world still lives its stone age, it continues to instigate the gold idea that it is “learning by heart” and “good grades” that make a future or an identity, we teach them how to earn a living but not how to make it happen, we teach them chemical formulas but we do not teach them how to understand their feelings. They are not prepared to live and to be strong enough to face their individual and post-war lives. I know they’ll be fine whatever happens but it breaks my heart sometimes.

I do my best to try to accompany them off the beaten track, to travel more inside themselves and to get ready right now by confronting what they have inside, what they have lived and what awaits them in the future … but it is sometimes so hard, they are not prepared and the more time passes, the more the situation evolves, the more the denial becomes more and more comfortable, this without counting the fear or each one to look different or weak. Sometimes I’m emotionally exhausted between it and my activities, it’s moving lines so deep that sometimes it’s like trying to move mountains … but it’s so important, for now and especially for tomorrow. I don’t know, let’s be stronger.

Pierre le Corf

Syrie et Pierre le Corf : Nouvelles de Alep

Depuis ces dernières semaines j’essaye de préparer et de relancer mes programmes ici, nouvelle année, nouveaux challenges. La situation reste compliquée, quelques attaques … mais il y a une sorte de calme avant la tempête je pense, tout le monde gagne du temps. Cette année va être lourde, j’essaye de nouveaux projets, de nouvelles idées, particulièrement en terme d’éducation… je ne sais pas si j’y arriverai, finalement essayer d’aider comporte aussi son lot d’échecs et d’expériences tant stimulantes que coupantes, mais quoi qu’il arrive on va faire de notre mieux.

Je n’aime pas les « réseaux sociaux » et il m’aura fallu un petit peu de temps pour me décider à me remettre à publier, partager … mais c’est reparti, je vais essayer de continuer tout au long de l’année. Je voudrais partager beaucoup de choses, tant sur l’humain, sur la situation ici, sur mon association mais aussi sur beaucoup de souvenirs et d’histoires que j’ai collectées de par le monde, des petits morceaux de vie parfois très anodins mais inspirants We are superheroes

Pierre le Corf

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These recent weeks I have been trying to prepare and revive my programs here, new year, new challenges. The situation remains complicated, some attacks … but there is a kind of calm before the storm I think, look like everyone is saving time. This year will be heavy, I’m trying new projects, new ideas, especially in terms of education … I don’t know if I’ll get there … finally trying to help also has its share of chess and experiences both stimulating and cutting, but we will do our best whatever happens.

I do not like “social networks” and it will have taken me a little bit of time to decide to postpone publishing, share … but it’s on, I’ll try to continue throughout the year. I would like to share many things, both about the human, about the situation here, about my association but also about many memories and stories that I have collected around the world, small bits of life sometimes, but inspirational We are superheroes

Pierre le Corf

Syrie, Pierre Lecorf : Un live qui servira l’histoire

Plus d’actualité que jamais avec ce qui se goupille en ce moment même en Syrie :

Première publication, le 14 avril 2018

Pierre Lecorf : Un live qui servira l’histoire !

“Je n’ai pas les mots alors je vais essayer de faire une vidéo à propos du bombardement international d’aujourd’hui sur la Syrie ..

Je n’ai pas réussi à trouver les mots cette nuit pendant les bombardements, je n’ai pas réussi à trouver les mots ce matin, je voudrais simplement laisser un message qui pour moi est très important, je voudrais véritablement m’excuser au nom de la France, au nom des Français de ce qui c’est passé aujourd’hui.

Je voudrais m’excuser, mon pays qui a continuellement soutenu le terrorisme ici et qu’il ait bombardé la Syrie, basé sur un mensonge. J’ai véritablement honte.

Vous n’avez pas idée à quel point on vous a menti sur ce bombardement, à quel point on va vous mentir dans le futur…”

Pierre le Corf

Témoignage : Un ancien Casque blanc syrien avoue avoir participé aux tournages de vidéos

Un ancien Casque blanc syrien avoue avoir participé aux tournages de vidéos mettant en scène des civils syriens prétendument victimes d’agressions de la part de l’armée arabe syrienne, dans le but de la discréditer aux yeux de l’opinion publique internationale…

Info, intox … ? Dans ce monde où rien n’est ni blanc ni noir, difficile de croire inconditionnellement ce dont les médias nous inondent au quotidien.

Toutefois, avec le temps, les faits et ce témoignage, on serait tenté d’accréditer le fait que nous avons été enfumés par les médias occidentaux et donc, constaté le double jeu de ces white hemlets.

L’histoire nous le dira.

Stéphane Guibert / Finalscape

Syrie, Pierre Le Corf : Hier soir à Alep… Témoignage

Hier soir j’étais dans un quartier périphérique d’Alep, une de mes jeunes n’était pas très loin de moi à Zahra, les combats et bombardements étaient intenses et elle avait peur en m’écrivant sur whatsapp, elle me demandait de prier pour eux. C’est ça qui est le plus fatiguant, c’est le stress pour ceux que tu aimes, plus que pour toi ou quoi que ce soit.

La majorité des gens ne peuvent pas comprendre ce que veut dire la guerre, pour certains c’est un parti ou un autre, c’est un titre d’article, ce sont des photos ou des vidéos, de la politique, des médias, des stéréotypes Hollywoodiens etc. … et beaucoup pensent pouvoir juger de ce qui est vrai ou faux, de ce qui est bien ou mal. Qui a raison? Personne. Même pas moi. Une guerre c’est 1000 vérités qui se basent d’abord sur ceux qui la vivent et 1000 raisons pour chacun de percevoir le monde en fonction.

Et c’est là ce que l’on oublie, la vie, les gens, même si certains se pourfendent de faire semblant de les défendre ou d’autres s’en soucient sincèrement, la guerre c’est avant tout des gens qui la vivent, aucun média ne pourra jamais montrer la guerre et ce que ça signifie dans la vraie vie. C’est là le grand problème, il y a un abysse entre réalité et documentaire entre opinions et vérités. Si un jour vous voyez une photo vous montrant d’un côté ou d’un autre des enfants courir sous un bombardement, c’est bien plus compliqué qu’une seule image. Un avion, une bombe, des enfants? Non, malheureusement la plupart de ceux qui continuellement font des vidéos ou images déconnectées de tout ce qui est ci-dessus font de la propagande car la vie y a été effacée, on ne vous vend que la mort, un petit morceau de l’histoire. Pour autant je maintiens aussi que même en vivant la guerre, je ne peux me prévaloir d’avoir raison, d’être LA vérité, mais je transmets une partie de l’histoire et des morceaux du puzzle de plus ou moins grande importance en fonction des événements, chacun ensuite fait son propre mélange pour ceux qui sont prêts à faire un mélange. Il s’agit de prendre du recul et d’essayer de vous mettre dans la peau des gens en faisant abstraction des émotions pré-mâchées qui vous sont tendues sur un plateau.

La guerre c’est la vie, ici c’est l’amour de ceux qui sont proches de vous avec la peur de les perdre, c’est l’espoir mélangé à la peur, ce sont les enfants qui vont à l’école et les parents qui espèrent les revoir, ce sont les commerçants qui essayent de faire vivre leurs familles et qui se saignent dans une économie dévastée, ce sont des centaines de taxis qui écument les rues à la recherche de clients, ce sont des patrons d’usines qui sont devenus vendeurs de rue, ce sont des gens qui sortent dans la rue avec de jolies robes quand ils ont du mal à manger, ce sont des gens qui vivent dans des carcasses d’immeubles après avoir tout abandonné plusieurs fois, ce sont des milliers d’enfants et de jeunes toutes religions confondues membres de scouts, ce sont les gens qui sont fatigués et qui voyagent, d’autres qui restent avec la guerre comme une sorte de zone de confort, ceux qui ne veulent pas aller se battre même s’ils aiment leur pays, ceux qui sont tous les jours sur les lignes de front, ce sont des hommes d’un côté et d’un autre s’affrontant pour le pays l’argent ou la religion, ce sont des gens qui pensent avoir été oubliés par le monde et d’autres qui sont en skype tous les soirs quand internet le permet avec ceux qu’ils aiment de l’autre côté de la planète, ce sont des dizaines de milliers d’animaux errants qui apparaissent et disparaissent ici et là, ce sont les jeunes et les gens qui sortent le soir fumer le narguilé ou jouer au Taoulé pour se détendre malgré des bombardements, c’est l’insouciance mêlée de déni, c’est la peur de la mort mêlée d’envie d’y rester, si Dieu le veut. Je pourrais écrire 10 pages …

J’aime cette photo, je l’ai prise avant la libération, elle était celle de notre quotidien et encore aujourd’hui sur certains quartiers, elle pourrait être utilisée dans n’importe quel magazine aussi renommé soit-il qu’elle ne pourra jamais transmettre tout ce qu’elle signifie, tout ce qu’il y a derrière ce moment ou ces jours, les émotions, les réalités …. même moi en écrivant je n’ai pas les mots pour décrire ce que ça signifie en fond. Je me souviens de beaucoup de gens qui sont morts ces jours-là, de la peur qu’on avait que Nosra ou l’armée libre ne rentre dans la ville après tellement d’attaques mais surtout des moments incroyables d’amitié à la lumière de la bougie la nuit, les ciels incroyablement étoilés, les étoiles filantes qui se mêlaient aux balles traçantes, ces enfants qui affrontaient la guerre en tant qu’enfants …

On me reproche parfois d’écrire un peu trop pour donner envie aux gens de me lire, désolé pour les fainéants, j’aime bien écrire et j’ai fâcheuse tendance à écrire un peu au fil de la plume dans objectif spécial sinon évacuer les choses à l’intérieur ou partager des messages que je pense importants … la raison de ce bout de texte c’était de parler de ce qui compte plus que la guerre, les gens dans leurs réalités simplement les plus diverses. Prenez du recul sur ce que l’on vous raconte et vous verrez tellement plus …

We are superheroes

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Yesterday evening I was in a peripheral district of Aleppo, one of my young people was not very far from me in Zahra, the fightings and bombings were intense and she was afraid writing on whatsapp, asking me to pray for her. That’s the most tiring thing, it’s the stress for those you love, more than for you.

The majority of people can not understand what the war means, for some it’s one side or another, it’s an article title, it’s pictures or videos, politics, media, Hollywood stereotypes etc. … and many think they can judge what is true or false, what is right or wrong. Who is right? No one. Not even me. A war is 1000 truths that are based first of all on those who live it and 1000 of reasons for each one.

And that’s what we forget, the life, the people, even if some people pretend to defend them or others care genuinely, the war is first and foremost people who lives it, no media will ever be able to show the war and what it means in the real life. This is the big problem, there is an abyss between reality and documentary, between opinions and truths. If one day you see a picture showing you from one side or another children running under bombings, it’s a lot more complicated than a single image. A plane, a bomb, children? No, unfortunately most of those who continually make videos or disconnected images of all the above are war propaganda because life have been kind of erased, we are only selling death, a small piece of the story . However, I also maintain that even since I live the war, I can not claim to be right, to be THE truth, but I transmit part of the story and pieces of the puzzle of greater or lesser importance depending events, … each one then makes its own mix for those who are ready to make a mix. It’s about taking a step back and trying to put yourself in the shoes of people by disregarding the pre-chewed emotions that are served on a tray.

War is life, here it is the love of those who are close to you with the fear of losing them, it is the hope mixed with fear, it is the children who go to school and the parents who hope to see them again, it’s the traders who try to support their families and who are bleeding themselves in a devastated economy, hundreds of taxis who roam the streets in search of customers, it’s patrons of factories that have become street vendors after they were looted or destroyed, it’s women who come out into the street with pretty dresses when they struggle to eat, it’s people who live in carcasses of buildings after having abandoned everything several times, it’s thousands of children and young people from all religions scouting together, it’s people who are tired and traveling, it’s others who stays with the war as a kind of comfort zone, it’s those who do not want to fight even if they love their country, it’s those who Every day on the front lines, it’s mens on one side and another fighting for the country, money or religion, it’s people who think they have been forgotten by the world or others who are on skype every night when the internet allows it with those they love on the other side of the planet, it’s tens of thousands of stray animals appearing and disappearing here and there, it is the young and the people who come out at night to smoke the Narguilé or to play Taoulé to relax despite of bombings, it is the carelessness mingled with denial, it is the fear of the death mingled with desire to get killed, if God want it. I could write 10 pages …

This photo I took before the liberation was our daily life and still today on certain neighborhoods, it could be used in any magazine as famous as it is that it will never be able to transmit all it means, all this that there is behind this moment or these days, the emotions, …. even me writing I do not have the words to describe what it means in the background. I remember many people who died those days, the fear that we had that Al Nosra came back but especially incredible moments of friendship in the light of the candle at night, the incredibly stellar skies, the shooting stars who mingled with the tracer bullets, theses children as hope.

I am sometimes criticized for writing a little too much to make people willing to read to me, sorry for lazy people I like to write and I have a tendency to write straight and in details, no special purpose if not evacuate the things inside or share messages that I think are important … the reason for this piece of text was to talk about what matters more than war, people in their realities simply the most diverse. Take a step back from what you are told and you’ll see much more.

We are superheroes

Syrie, Pierre Lecorf : De retour de la Syrie en guerre, un témoignage qui remet en cause la propagande occidentale

C’est lors de son rapide passage en France en août 2017 que Pierre Lecorf, fondateur de l’ONG “We are Super Heroes” était reçu dans les studios de la radio Russe Sputnik pour un entretien sur son parcours en Syrie et son point de vue dans ce pays, point de vue qui diffère de ce que les médias mainstream veulent nous faire croire.

Rappelons que Pierre Lecorf a tout vendu en France pour venir apporter du réconfort et du soutient aux habitants de Alep ouest en créant une association et mettant sur pieds différents programmes offrant aux victimes la possibilité de se reconstruire. Il distribue des kits de premiers secours aux enfants et aux familles leur enseignant les gestes qui peuvent sauver des vies.

C’est pour lui un travail de longue haleine et lors de son arrivée sur place il a du faire ses preuves pour être accepté étant tout d’abord considéré comme un espion.

La présence Russe en Syrie n’a pas contribué à la radicalisation des rebelles car l’armée de Poutine est arrivée en septembre 2015, les factions étaient déjà djihadistes, la radicalisation était déjà la partie la plus forte du conflit. La réalité est que si il n’y avait pas eu l’aviation Russe pour soutenir l’aviation Syrienne,  Alep serait tombée.

Une grande majorité du pays soutient le Président Bachar el-Assad. Il y a bien évidemment des gens qui ont des problèmes avec le gouvernement et souscrivent à des réformes notamment concernant la police ou les services secrets mais dans la grande majorité, le peuple est derrière le président et le soutient.

Cette vidéo a donc été tournée en août 2017 et ne tient pas compte des derniers évènements.

Stéphane Guibert / Finalscape / VK / MondiAspora

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Syrie, Pierre Lecorf : Situation à Alep, la différence entre la propagande France 2 et réalité !

Cette vidéo a été publiée sur une chaîne Youtube le 23 novembre 2016 et est mise en ligne sur ce site dans un but d’archivage.

Pierre Lecorf est suivi par une équipe de France 2. Il est intéressant de constater la différence entre ce que laisse paraitre la chaîne publique et le témoignage sans filtre de Pierre Lecorf.

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Syrie, Pierre Lecorf : Témoignage concernant l’attaque à l’arme chimique

Concernant l’attaque chimique etc… Vous verrez quand le brouillard retombera les masques tomberont, ceux qui ont fait ces atrocités paieront le prix fort d’ici à la fin de la guerre. Les gens qui sortiront parlerons aussi. Ce que vous voyez c’est de la chlorine, ce sont des centaines de kilos qui étaient marqués de l’Arabie Saoudite et stockés à Alep Est à la libération que j’ai vu moi-même. Les terroristes conditionnaient les roquettes et même des fois les mortiers avec, je me souviens d’une attaque à Hamdanillé en particulier ou les gens ne pouvaient plus respirer et étaient mis nus pour être aspergés …

C’est de la logique dans un sens, une question que se pose toujours la police et qui est connue pour retrouver des suspects: “A qui profite le crime?” Réfléchissez. Sincèrement, vous imaginez l’Etat Major Syrien: tiens, la guerre est presque terminée, on a repris les 3/4 du territoire, on a 95% de la Ghouta – Douma, et si on allait lancer quelques bombes chimiques sur les 5% restants histoire de? Ce qui me donne la gerbe … je passe sur les terroristes de suite parce que je n’ai pas les mots … c’est les vautours à 3 000 km d’ici qui dansent autour des cadavres pour essayer de mobiliser d’autres États et maintenir, rallumer la guerre ici au dépend des gens. Beaucoup n’aimeront pas ce que j’écris mais je ne me risquerais pas à le faire sans savoir ce que je dis, je ne veux pas tomber dans le débat et vous faites ce que vous voulez de ce que je vous dit, vous êtes libres majeurs et vaccinés.

Bref, je me suis perdu, j’écrivais juste cette publication pour partager le message en Français de Karim Michel Saoud à la libération, mais j’ai eu un coup de nerf avec tout ce que je lis … Karim est un jeune homme au grand cœur avec qui j’ai travaillé pendant un moment ici et que j’aime beaucoup, il date de l’année dernière à la libération mais reste toujours aussi actuel car je me demande toujours ce qui se prépare pour la Syrie … avec les mouvements militaires actuels Alep sera dans les premières lignes si quelque chose arrive à nouveau. C’est un message simple mais essentiel je pense.

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Regarding the chemical attack etc. you will see when the fog falls down the masks will fall, those who did that will pay the high price by the end of the war. The people who will come out will talk too. What you see is chlorine, it’s hundreds of pounds that were marked from Saudi Arabia and stored in Aleppo at the liberation, I saw it myself. They conditioned the rockets and even mortars with, I remember an attack in Hamdanillé in particular where people could no longer breathe and were put naked to be sprayed with water…

It’s a question of logic don’t you think? You know this sentence, famous thanks to cinema and used by police to find suspects? “Who benefits from the crime?” Think. Sincerely, you imagine the Syrian State military staff: well, the war is almost over, we took over 95% of the Ghouta – Duma, let’s throw some chemical bombs on the remaining 5% ! What gives me the sheaf … I pass on the terrorists … it’s the vultures 3 000 km from here that dance around the corpses to try to mobilize other states to maintain and relight the war here at the expense of people. Many will not like what I write but I would not dare to do it without knowing what I say, I do not want to fall into the debate and you do whatever you want with what I tell you, you’re free and grown up.

In short, I got lost, I just wrote this publication to share the message in French of Karim Michel Saoud at the liberation, but I had a nervous break with everything I read … Karim is a young man with a big heart with whom I worked for a while here and that I like a lot, it dates from last year to the liberation but remains as current because I always wonder what is coming for Syria … with the current military movements Aleppo will be in the front lines if something happens again. It’s a simple but essential message I think.