Michel Onfray : Le système fabrique notre consentement à l’esclavage

Vous voulez connaitre la vérité ? Alors lisez et écoutez. C’est un cadeau !

En 1988, Noam Chomsky exposait la manière dont les médias de masse fabriqueraient le consentement collectif au profit d’un ordre établi, d’une vision économique dominante ou d’intérêts privés ou institutionnels.

Chomsky ouvrait la brèche de la nuance des choses : il n’y a pas d’un côté les dictatures et de l’autre le paradis : chaque système tend à préserver son modèle en influençant, par la force ou par la ruse, les citoyens. La démocratie est donc tout autant soumise à cette influence organisationnelle qui se perpétue élections après élections.

La théorie de Chomsky peut sembler “complotiste” d’un premier abord. Pourtant, tout semble indiquer aujourd’hui qu’il avait raison. Pujadas lui même admettait dernièrement que son travail est au service d’une vision du monde : celle de la consommation de masse et de la croissance économique. Nécessairement, on peut se questionner sur le sort réservé à ceux qui sortent de cette vision. Que le gouvernement soit de gauche ou de droite, on constate que cette course à la croissance et à la consommation reste intacte dans les discours. Et ceci se ressent particulièrement en période électorale. On sait aujourd’hui que les sondages orientent les intentions de vote, tout comme la médiatisation des candidats. Macron, Fillon, Le Pen, une poignée de candidats ont été surmédiatisés, tels des constructions symboliques dans l’esprit des masses. Mélenchon, par exemple, bénéficie de moitié moins de visibilité. D’autres, comme François Asselineau ou Charlotte Marchandise, disparaissent des radars. Déjà en 2015, beaucoup se doutaient d’une nouvelle polarisation binaire des représentationspolitiques : Le FN servant une fois encore d’épouvantail pour ramener les brebis à la bergerie et perpétuer un modèle actuel.

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Emmanuel Macron interrompu en réunion : “Évacuez la salle, il y a un risque de terrorisme social”

Postée le 14 novembre cette vidéo a engendrée 457.000 partages et + de 8,6 millions de vues. On y voit Emmanuel Macron verbalement pris à partie par un homme qui dit notamment: “Ce n’est pas en mettant un costard qu’on travaille. C’est en mettant un bleu de travail. Je vous l’offre.”

Pour autant, aucun risque que cette vidéo disparaisse. Non seulement elle date du 10 juin 2016 – Macron était alors ministre de l’Économie et elle se trouve très facilement sur le net.

SCANDALE DE LA CAGNOTTE TRUQUÉE PRO-GOUVERNEMENTALE

Le Youtubeur Boris Le Lay décrypte le scandale de la cagnotte ouverte en faveur des forces de l’ordre, chiffres à l’appui et dénonce un complot flagrant du système en place.

Il invite les français à verser quelques euros sur la plateforme  Leetchi afin qu’ils puissent se constituer partie civile devant la justice.

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Où le bât blesse :

Le 5 décembre 2016, Manuel Valls alors Premier ministre sous François Hollande a décrété placer l’autorité judiciaire (l’un des trois pouvoirs), sous le contrôle direct du pouvoir exécutif.

Il s’agit du décret portant le numéro : 2016-1675 qui a été appliqué à partir du 1 er janvier 2017.

L’article 16 de la charte des droits de l’homme stipule :

Toute Société dans laquelle la garantie des Droits n’est pas assurée, ni la séparation des Pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution.

Pour qu’une constitution soit légitime, il est indispensable que les trois pouvoirs nécessaires à la démocratie soient séparés : l’exécutif, le législatif et le judiciaire.(Dans ce cas très précis, le pouvoir judiciaire doit désormais dépendre de l’exécutif. Comprenez-vous ce que cela signifie ?)

Faute de constitution, la France est bel et bien devenue une dictature molle mais qui au fil des réformes se durcit de jour en jour.

Stéphane Guibert / Finalscape

“La police nationale n’a pas besoin de cagnotte”, a déclaré le directeur général de la police nationale (DGPN), Éric Morvan sur France Inter, Il a précisé que l’inspection générale de la police nationale (IGPN) avait reçu près de 200 signalements sur sa plateforme permettant à des particuliers estimant avoir été victimes ou témoins de violences policières d’alerter la police des polices.

Je pense que lui aussi comme Michel Delpuech, le préfet de police de Paris pourrait être sur la sellette comme, quelques LERM qu’on veut congédier et d’autres déjà mis dehors ou qui sont déjà partis d’eux-mêmes, à quand le röhmputsch, ça fait froid dans le dos…..

Monsieur Collomb est parti quand même de façon rapide mais après avoir parlé de révolution… Que notre Seigneur nous protège tous car nous rentrons dans les tribulations.

Archives à conserver pour l’histoire : Les Pinçon-Charlot analysent le cas Emmanuel Macron

Les Pinçon-Charlot analysent le cas Emmanuel Macron

Tout le système oligarchique et politique est remis en question dans cette entrevue qui s’adresse à toutes celles et ceux dont les neurones ne tournent pas forcément qu’autour des nouvelles technologies, des “sitcom” et des selfies ; ou en d’autres termes, cette entrevue s’adresse à toutes celles et ceux qui sont éveillés et qui ont la tête sur les épaules. Merci à Michel et Monique Pinçon-Charlot pour cette analyse (ndlr).

Le couple de sociologues de la grande bourgeoisie analyse pour le média “Politis” la trajectoire d’Emmanuel Macron, « mandaté par la classe dominante pour donner un grand coup de balai sur les divisions politiques, qui paralysent les intérêts de l’oligarchie ». Ils dénoncent également la « corruption de classe » que révèle les « affaires » récentes.

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G.S / FINALSCAPE

Manipulations et mensonges : De faux agriculteurs pour plébisciter le glyphosate

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Des groupes de faux agriculteurs ont été créés dans au moins sept pays par un lobby de la société Monsanto. Ces groupes se prononçaient en faveur du glyphosate.

Jusqu’où iront-elles ses multinationales pour nous enfumer et nous faire avaler leurs poisons ? Il est clair que de rendre malade puis soigner et non guérir est un marché juteux.

Stéphane Guibert / Finalscape

Fraudes fiscales : C’est aux bandits que l’on confie les clefs du commissariat

A écouter et partager sans modération !

Tout est dit dans cette vidéo qui doit être visionnée et partagée par un maximum de gens. Il en va de la survie de notre monde et de notre espèce. Le dormeur doit se réveiller !

Alors que les médias mainstream s’appliquent à nous renvoyer les images d’un théâtre de guignols de la politique, en arrière plan se dessinent des équations sournoises.

G.S / FINALSCAPE

Tout simplement splendide cette vidéo :

Monique Pinçon-Charlot :

« La fraude fiscale est une arme pour asservir le peuple ».

Elle est sociologue, ex-directrice de recherche au CNRS. Depuis 30 ans, avec son mari Michel, elle étudie les français les plus aisés. Ouvrage après ouvrage, elle dresse un portrait au vitriol de cette « oligarchie hautement prédatrice ». Dans son dernier livre, « Les riches au tribunal » (Éd. Seuil Delcourt), elle revient sur l’affaire Cahuzac, ex-ministre du Budget condamné pour fraude fiscale.

Crédit vidéo : France 24

Environnement : L’art des multinationales de nous culpabiliser

Retour sur un article que j’avais publié sur ces pages avant l’émission de Cash investigation : “Plastique, la grande intox”

Nous verrons comment certaines ONG financées par les multinationales s’y emploient afin de culpabiliser le consommateur en n’hésitant pas de le traiter de pollueur.

Mais pour commencer, retour sur un clip de l’ONG “Curioctopus” qui met en avant les énergies renouvelables tout en mentionnant que la situation environnementale dramatique actuelle de notre planète est directement liée aux conséquences de nos choix.

Résumé du clip :

Énergies renouvelables, des alternatives qui s’imposent.

  • Saviez-vous que la quantité d’énergie solaire qui frappe la terre en 1 heure est plus grande que celle que nous utilisons pour toutes les activités en une année.
  • Si nous recouvrions de panneaux solaires 1% du désert du Sahara, nous arriverions à générer toute l’énergie dont nous avons besoin.
  • Si nous construisions dans l’Atlantique une installation de turbines sous-marines de la dimension de l’Inde, nous fabriquerions l’ensemble des besoins énergétiques de la planète.
  • Si nous capturions 0.1% de l’énergie cinétique produite par les marées, nous disposerions de 5 fois plus d’énergie par rapport à ce dont nous avons besoin aujourd’hui.
  • En recouvrant de forêts de macroalgues 9% de la surface des océans, nous pourrions produire une quantité de biométhane suffisante pour remplacer le besoin actuel de pétrole et, en même temps, retirer de l’atmosphère les plus de 35 milliards de tonnes de CO2 que nous produisons chaque année. Cette quantité de biomasse pourrait aussi aider l’industrie de la pêche durable en garantissant la disponibilité de nourriture pour 10 milliards de personnes.
  • L’énergie géothermique présente dans les 10’000 premiers mètres de profondeur de la terre est 50’000 fois plus grande que toutes les ressources de pétrole et de gaz du monde.

La planète est lentement en train de mourir à cause de nos choix. Il est temps de changer les choses et de trouver les solutions aux problèmes que nous avons créé. N’oublions pas que le future est entre nos mains.

Voilà ce que dit la vidéo et suis on ne peut plus d’accord avec elle jusqu’au moment où elle mentionne que : “si nous en somme arrivés là aujourd’hui, c’est à cause de nos choix” et  conclue en disant : “l’avenir est entre nos mains” ; et c’est là où je me permets de ne plus partager le discours.

Certes, des alternatives existent et il y en a de plus en plus, mais est-ce bien par nos choix à nous, consommateurs, que la planète est moribonde aujourd’hui ? Il est clair que notre consommation impact directement sur notre environnement mais je vais vous donner un petit exemple qui va, je pense, vous aligner à mon avis :

En Espagne, sur l’île de Tenerife, l’installation et l’exploitation de panneaux solaires est tellement taxée par l’état que l’utilisation de l’énergie conventionnelle est beaucoup plus avantageuse pour le citoyen lambda et cela est un simple exemple ! Je pourrais vous en citer bien d’autres.

Nos choix nous dit la vidéo …

Nos choix ne nous sont-ils pas imposés par les lobbies et les politiques comme c’est le cas, entre autres, avec le Glyphosate ?

Il n’y a pas tout à fait un siècle, les industries minières et pétrolières firent exploser la production et la consommation. D’autres alternatives énergétiques moins ou non polluantes étaient quasi inexistantes à l’époque et on avait ni l’approche ni le recul écologique nécessaire pour faire des pronostiques à long terme sur l’impact que l’exploitation massive des énergies faucilles auraient sur l’environnement ; argument que l’on pourrait verser à la décharge des multinationales de l’époque.

En revanche ces producteurs d’un autre âge sont les mêmes aujourd’hui, ce sont les mêmes familles qui veulent à tout prix conserver leur part du gâteau tout en étant cette fois-ci parfaitement conscients de l’impact qu’ont leurs industries sur notre planète.

Ce n’est pas demain que nous verrons un monde 100% écologique car tant qu’il y aura des milliards à se faire avec l’industrie du pétrole, l’industrie du textile, l’industrie pharmaceutique et l’industrie agroalimentaire, ces énergies propres resteront marginales.

Ces vidéos qui culpabilisent les consommateurs sur un ton moralisateur pullulent sur la toile et le pire, c’est que ça marche.

Vidéos

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Tariq Ramadan : Ceux qui dérangent le système se font abattre

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La troisième demande de mise en liberté de Tariq Ramadan, incarcéré depuis huit mois pour des soupçons de viols qu’il conteste, a été rejetée par la justice.

La version du théologien suisse de 56 ans, qui niait toute relation sexuelle avec deux plaignantes, a été contredite par une expertise de son téléphone et de son ordinateur remise lundi aux magistrats, révélant plusieurs sms à caractères sexuelles selon le MuslimPost.fr .

De son côté, l’avocat de Tariq Ramadan Me Marsigny, défend son client en rappelant qu’il n’est pas jugé pour « parjure » ou mensonge mais pour « viol », estimant que ces SMS ne prouvent en aucun cas qu’il y avait eu viol. Il s’interroge également sur certains messages envoyés par la plaignante

📱 »Ta peau me manque, tu m’as manqué dès que j’ai passé la porte » lui aurait écrit cette femme d’après les résultats de l’expertise. « Si je passais un mauvais moment je serais (sic) partie ».

Pour l’avocat de Tariq Ramadan, ces messages tendres laissent planer le doute sur la nature de la présumée relation. S’agissait-il d’une relation consentie? d’une personne sous emprise? Ce sera à la justice de trancher sur la question.

Néanmoins des récentes investigations concernant les accusations de viols visant Tariq Ramadan ont de nouveau mis à mal la version des deux plaignantes dont la première Henda Ayari, qui était confrontée jeudi 19 juillet 2018 pour la première fois à l’islamologue.

En octobre 2017, la militante féministe avait porté plainte contre le théologien musulman de 55 ans. Elle affirmait avoir été violée au début du printemps 2012, dans un hôtel de l’est parisien.

Elle avait ensuite modifié son récit, évoquant alors la date du 26 mai 2012 et un lieu précis : l’hôtel Crowne Plaza de la place de la République.

Cette version s’est effondrée lorsque les enquêteurs ont découvert que ce soir-là, elle se trouvait au mariage de son frère à Rouen.

 

Médias mainstream : Analyse sur la manipulation par la terreur

Première publication : 28 mai 2018 – Mise à jour : 19 octobre 2018 – 13:30

Attention, vous êtes manipulés !

Depuis que l’homme est ce qu’il est (sans vouloir développer), rien ne le met plus en condition que l’émotionnel. Que ce soit pour l’amour d’un enfant, celui que l’on éprouve pour son ou sa conjointe, que ce soit  la compassion ou l’empathie que l’on puisse ressentir à l’égard de son prochain ou même de l’envie d’évasion et d’aventure, l’émotionnel est un moteur indissociable de nos actes au quotidien.  A l’opposé, l’émotionnel peut engendrer un sentiment d’insécurité et de peur.

Sur le plan positif, des médias tels que le cinéma ou la télévision par le truchement de séries diverses s’y emploient abondamment, en revanche, des médias mainstream tels que la télévision ou la presse liés à des intérêts économiques nous submergent d’images de violence, de guerre et de mort afin d’attiser nos peurs, nos angoisses et à fortiori notre sentiment d’insécurité.

Dans un contexte de crise mondiale profonde, les images de désolation nous confinent dans un sentiment d’isolement nous empêchant d’avoir une approche constructive et une analyse objective de la situation. De plus, ces images sont dans la plupart des cas sorties de leur contexte réel, manipulées voir même mensongères.

L’histoire qui se répète inlassablement tente de nous démontrer cette évidence crise après crise, guerre après guerre.

Nous sommes enlisés dans un marasme constitué d’un besoin de consommer, d’une insécurité toujours grandissante, d’une désillusion et d’un déni hors norme, ce qui nous empêche de nous rallier franchement et pleinement à des causes humaines et environnementales ceci faisant le jeu de ceux que nous croyons être nos maîtres.

Stéphane Guibert  / Finalscape / Tous pour la vérité / VK

Mise en scène d’attentat

Les 10 stratégies de manipulation par les médias

Les Etats-Unis auraient fait réaliser de fausses vidéos d’Al-Qaida

Illustration d’un message d’Oussama Ben Laden, leader d’Al-Qaida, diffusé en septembre 2009. (SITE INTELLIGENCE GROUP/AFP)

Rappel :

Selon un collectif britannique de journalistes d’investigation, le Pentagone aurait dépensé 540 millions de dollars dans le cadre de cette campagne de propagande.

“Plus de 540 millions de dollars pour réaliser de fausses vidéos islamistes”

Plus d’un demi-milliard de dollars. C’est, selon les enquêteurs du Bureau of Investigative Journalism (BIJ), ONG basée à Londres spécialisée dans la réalisation d’enquêtes journalistiques, le montant d’une facture très salée dont se serait acquitté le Pentagone entre 2006 et 2011. Il n’est ici question ni d’armes, ni de soldats, ni de véhicules – simplement de propagande.

La sulfureuse agence de communication et de relations publiques Bell Pottinger, connue pour travailler avec toutes sortes de régimes (Syrie, Biélorussie, Sri Lanka…), aurait signé en pleine guerre d’Irak (2003-2011) un contrat ultra-lucratif avec Washington — 120 millions de dollars par an — afin de produire les contenus de ce programme “top secret”. Un ancien salarié de l’entreprise, le vidéaste Martin Wells, a révélé au Bureau of Investigative Journalism les dessous de cette campagne, qui ont été publiés dimanche par le “Daily Beast” et le “Sunday Times” et relayés par France 24.

Le témoignage de Martin Wells

Outre des clips publicitaires anti-Al-Qaida, Martin Wells affirme que son ancienne entreprise produisait et montait de faux reportages vidéos aux images de basse qualité, de manière à les présenter comme des “productions de télévisions arabes”. Ils étaient ensuite vendus puis diffusés comme tels par les chaînes locales et continentales, sans préciser que l’armée américaine en était le commanditaire.

L’Irak, écrit le BIJ, était un eldorado pour les agences de communication : selon l’enquête, plus de quarante sociétés étaient rémunérées pour de la production de vidéos, de sondages, de placements médias. Bell Pottinger avait elle-même commencé à travailler en Irak dès mars 2004, une poignée de mois après l’invasion américaine, pour produire de façon très officielle des contenus promouvant la tenue d’élections démocratiques.

Fausses vidéos siglées Al-Qaida

Mais Martin Wells évoque une partie plus “sensible” de ce programme. La société Bell Pottinger, qui a employé jusqu’à 300 personnes — Britanniques et Irakiens — en Irak, aurait également eu pour mission de fabriquer de fausses vidéos de propagande portant la signature de l’organisation Al-Qaida. Objectif : piéger les personnes qui les visionnaient ensuite sur internet.

Plus d’un demi-milliard de dollars. C’est, selon les enquêteurs du Bureau of Investigative Journalism (BIJ), ONG basée à Londres spécialisée dans la réalisation d’enquêtes journalistiques, le montant d’une facture très salée dont se serait acquitté le Pentagone entre 2006 et 2011. Il n’est ici question ni d’armes, ni de soldats, ni de véhicules – simplement de propagande.

La sulfureuse agence de communication et de relations publiques Bell Pottinger, connue pour travailler avec toutes sortes de régimes (Syrie, Biélorussie, Sri Lanka…), aurait signé en pleine guerre d’Irak (2003-2011) un contrat ultra-lucratif avec Washington — 120 millions de dollars par an — afin de produire les contenus de ce programme “top secret”. Un ancien salarié de l’entreprise, le vidéaste Martin Wells, a révélé au Bureau of Investigative Journalism les dessous de cette campagne, qui ont été publiés dimanche par le “Daily Beast” et le “Sunday Times” et relayés par France 24.

Le témoignage de Martin Wells (en anglais)Outre des clips publicitaires anti-Al-Qaida, Martin Wells affirme que son ancienne entreprise produisait et montait de faux reportages vidéos aux images de basse qualité, de manière à les présenter comme des “productions de télévisions arabes”. Ils étaient ensuite vendus puis diffusés comme tels par les chaînes locales et continentales, sans préciser que l’armée américaine en était le commanditaire.

L’Irak, écrit le BIJ, était un eldorado pour les agences de communication : selon l’enquête, plus de quarante sociétés étaient rémunérées pour de la production de vidéos, de sondages, de placements médias. Bell Pottinger avait elle-même commencé à travailler en Irak dès mars 2004, une poignée de mois après l’invasion américaine, pour produire de façon très officielle des contenus promouvant la tenue d’élections démocratiques.

Fausses vidéos siglées Al-Qaida

Mais Martin Wells évoque une partie plus “sensible” de ce programme. La société Bell Pottinger, qui a employé jusqu’à 300 personnes — Britanniques et Irakiens — en Irak, aurait également eu pour mission de fabriquer de fausses vidéos de propagande portant la signature de l’organisation Al-Qaida. Objectif : piéger les personnes qui les visionnaient ensuite sur internet.

L’idée était en effet de se servir de ces clips comme appâts numériques. Gravés sur des CD, ceux-ci étaient encodés de manière à profiter d’une faille dans le logiciel de lecture de vidéos Real Player, afin de permettre, lors du visionnage, à la CIA de localiser l’ordinateur grâce à son adresse IP.

Ces CD, précise Martin Wells, étaient abandonnés par les forces américaines dans les habitations lors de perquisitions en Irak ; transmis sous le manteau, certains se sont retrouvés en Iran, en Syrie et même aux Etats-Unis.

Si le BIJ n’apporte pas d’information sur les conséquences de ces pistages, le Pentagone a bel et bien confirmé avoir eu recours aux services de l’agence Bell Pottinger durant cette période en Irak. L’ancien patron de Bell Pottinger, Tim Bell, a également confirmé au “Sunday Times” que sa société avait signé un contrat en relation avec des opérations militaires, “protégé par plusieurs clauses de confidentialité”, et rendait compte régulièrement de ses avancées au Pentagone, à la CIA et au Conseil de sécurité nationale.