Suisse-UE: il est temps d’arrêter les frais

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C’est la goutte qui fait déborder un vase déjà bien plein. Si l’on en croit deux journaux dominicaux alémaniques, l’Union européenne demanderait à la Suisse non seulement des concessions sur les mesures anti-dumping pour ses travailleurs et ses entreprises, mais elle réclamerait aussi des avantages supplémentaires pour ses citoyens une fois qu’ils sont établis sur sol suisse. Ils auraient droit plus rapidement à l’aide sociale pour eux et leur famille.

Autant dire que cette demande va couler le dernier espoir d’un accord Suisse-UE. On peut comprendre que Bruxelles défende ses intérêts et ceux de ses citoyens. Mais à force de charger le bateau on ne voit pas comment le Conseil fédéral pourrait accepter de telles concessions qui représenteraient une volte-face de sa part et un désaveu assuré dans les urnes.

Ce nouvel obstacle intervient alors que l’accord est déjà grandement sur le ballant. Le PS et les syndicats ont promis cet été de tout faire sauter si les négociateurs touchaient à un cheveu des mesures d’accompagnement, qui protègent entreprises et salariés du dumping en provenance de l’UE. Ajoutons à cela que l’UDC rêve d’en découdre devant le peuple sur tout rapprochement institutionnel avec l’UE. Pas besoin d’avoir fait un doctorat en maths ou en sciences politiques pour se dire que le dossier est extrêmement mal emmanché. Dans ces conditions, après des années épuisantes de négociations infructueuses, il vaut mieux tirer la prise. C’est bien sûr compliqué pour la Suisse de claquer la porte au nez d’un mastodonte qui peut lui marcher dessus. Mais rien ne l’empêche de dire poliment à son partenaire que le prix est trop exorbitant. Et qu’il vaut mieux reprendre les négociations en 2020, quand les élections en Suisse et dans l’UE auront un peu fait bouger les lignes. On y verra aussi plus clair sur les conditions de la sortie de la Grande-Bretagne de l’UE. En attendant, le Conseil fédéral doit peaufiner son plan B. Celui qui consiste à réagir aux mesures de rétorsion brandies par l’UE en cas de non-accord. (24 heures)

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